Le temps, cette histoire brève

Par la faute de certains personnages comme mon père qui m’a communiqué la soif se comprendre, ou encore Stephen Hawking, Saint Augustin, Marc-Alain Ouaknine et quelques autres, j’ai pris goût rapidement à ne cesser de m’interroger sur le monde qui m’entoure, me contient et me comprime, pour tenter de m’en extraire et voguer au delà de ce qui est possible, non point par des études effrénées, je suis bien trop paresseux pour cela, mais par détente, par rêverie, par un des moments d’arrêt ou plutôt de ralentissement de « mon » temps, par une sorte de caresse du monde qui m’entoure, par capillarité avec ce monde qui nous piège malicieusement et que nous pouvons, nous aussi, parfois piéger avec nos rêves.

une-breve-histoire-du-tempsL’accélération du temps, le progrès technique, les mondes électroniques sont parmi mes sujets de prédilection. J’ai mis sur ce site un texte parlant de tout cela, un texte dont la première version date de 1994, était alors largement écrite au futur. Quelques corrections de temps, dans plein de sens de ce terme, plus tard, voici la version de mai 2013, ultimement retouchée ce matin : Le temps, cette histoire brève.

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Nuit transitive

3 août 2013 – 23 h 49. Saint Augustin écrivit dans son ouvrage « La mémoire et le temps », dont je m’étonne à chaque fois que j’en continue une lecture non encore achevée, de sa presque troublante modernité : « Connaître les notions qui ne se communiquent point à nos sens par image, mais dont nous percevons en  nous la réalité même, par intuition directe, n’est après tout que rassembler dans l’esprit ce que la mémoire contient ça et là, en recommandant à la pensée de réunir ces fragments épars et négligés pour les placer sous la main de l’attention. » Une phrase parmi des milliers d’autres mais qui, dénichée au fil des pages de cet ouvrage surprenant, constitue un petite merveille compacte de matière pure, à rêver, vagabonder, délirer, libérer l’esprit, haut, loin au delà de du simplisme du monde que notre époque se plaît à nous proposer chaque jour, sous couvert d’une complexité que nous ne pourrions plus comprendre, compréhension éclatée en une multitude de fragments épars que seuls les spécialistes fragmentaires, pourraient appréhender, sans en connaître la globalité. Faut-il dès lors, devenir un Salvatore, moine à peu près fou de l’ouvrage d’Umberto Eco « Le nom de la Rose » qui parle une langue mélange chaotique de toutes les langues et semble avoir grillé ses neurones et voulant embrasser toutes les connaissances  ? Saint Augustin nous délivre de cette tentation salvatorienne mais non salvatrice, en nous livrant l’autre voie, transpercer l’épaisse gangue de la réalité appauvrie que nous offrent nos sens limités et nos outils, pour performants qu’ils soient, pour atteindre et rassembler peu à peu ce que notre mémoire contient et « recommander » à notre pensée de le faire surgir à l’attention. Rêverie, vagabondage, intuition directe, non filtrée ni déformée.

Pourquoi s’échiner à rester dans la réalité apparente alors que nous savons bien que nous sommes enfermés à ce point à l’intérieur, que nous ne pouvons la comprendre ni la dépasser en seulement l’observant.

La planète fut plate, puis ronde, centrale puis un infime morceau de matière filant à une vitesse folle à travers un espace infini, peuplé autour de nous, de super-galaxies, conglomérats d’étoiles, trous noirs et autres furieux objets gigantesques et d’une quantité de planètes à peu près équivalente au nombre de grains de sable présents sur terre. Et après, plus loin, si tant est qu’il y eût un plus loin au sens où nos sens l’entendent, qu’y a-t-il ?

Par quelle humaine puissante magie, avec l’aide de quelle puissante drogue, mon cerveau me donne-t-il l’impression apaisante d’une réalité où je suis dans un univers stable, sur une planète stable, assis tranquillement dans mon jardin silencieux à une table presque stable également, lorsque la « réalité » un peu élargie est légèrement toute autre ?

Alors quand un spécialiste ou un sachant quelconque vient m’enfermer dans un quelconque dogme, qu’il soit scientifique, médical, et le pire du pire, économique ou politique, je m’esclaffe de rire intérieur, en pensant à tout ce qui doit se trouver en jachère à l’intérieur de son cerveau muselé et heureux de l’être. Libère toi pauvre fou, ai-je envie de lui crier, essaie d’inventer autre chose, au lieu de rabâcher de pauvres conjectures que tu as pu tirer de la compréhension déformée des quelques enseignements ou lectures trop primaires de ceux qui ont vraiment tenté d’apporter un peu de vraie lumière.

L’after de la nuit du 2 août

Eurêka, il y a un autre Mac chez moi, avec un chargeur à l’humeur compatible. Revoici donc l’énervé de la nuit, qui l’est moins, puisqu’ayant trouvé un substitut à l’objet, objet de l’énervement. Oui, tout-à-l’heure, pour ceux qui ne suivent pas, je tombais en panne d’énergie, ayant oublié mon chargeur au bureau et je fermais mon Mac d’un geste agacé, sinon courroucé, en tous cas, peu racé.

Donc nos ministres étant en vacances, Obama n’ayant hélas pu fêter son anniversaire avant qu’ils ne s’en aillent, le fera dimanche (n’oubliez pas de lui envoyer une petite carte) mais après tout, ce n’est pas si grave, tout va-t-il bien ? Vais-je pouvoir aller dormir en écoutant mon dernier bouquin audio, « Le syndrome [E] » de Franck Thiriez ?

kindlePas tout-à-fait. Vous avez vu ? Je vous parle de la version audio, que j’ai clic-clac-achetée sur iTunes et je mets en toute traitrise, un lien sur Amazon où vous pourrez commander la version papier (tant pis pour la forêt ?) ou la version Kindle, cette excellente liseuse dont je recommande à toutes et à tous (oups, revoici mon réflexe politique prétendument féministe), l’acquisition sans plus tarder : par ici que ça se passe et, achetez le moins cher (79€), c’est aussi le mieux conçu.

Pas tout-à-fait, disais-je, mais me rappelle-je pourquoi ? Que nenni. J’ai voulu faire le malin en allant piocher une photo de Kindle sur Amazon puis en la photoshopant un peu avant d’en orner le petit paragraphe précédent et hop, ma mémoire à court terme s’est effacée. Dommage Éliane. C’est l’âge, comme le répétait le troisième mari d’Éliane. Ceci dit, mettre un lien, c’est bien, sauf si vous lisez tout ceci sur du papier, hein. Bref, je me conseille d’aller me coucher avec mon iPhone calé sur mon syndrome [E] et je vais suivre mon conseil.

La nuit du 2 août

Minuit. Retour maison, terrasse donnant sur jardin hésitant entre vert et or pâle, la verdure donnant sur le jaune paille d’un été tardif mais finalement chaud, très chaud, entrecoupé d’orages violents, mais aussi, peu à peu, d’autres natures de pluie plus vicieuses, aussi soudaines que timorées, dont l’unique vocation semble de faire fuir les pauvres mortels ne connaissant rien à la climatologie, (soit !) ni même à l’aérologie, que nos parents, grands parents ou arrière grands parents, tout dépend de votre année de naissance, connaissaient, eux, jusqu’au bout des cils, lorsqu’ils levaient les yeux vers le ciel afin de jauger de la crédibilité de l’ondée surgissante.

A peine le temps de poser mon Mac sur la table de la dite terrasse qu’il se met à pleuvoir. Orage ? le tonnerre tonne, au loin… Trop loin, trop faible. Un parasol prestement calé grâce au trou du centre de table percé à cette intention, plutôt qu’un repli tactique vers la maison et le tour est joué, la pluie, vaincue, s’arrête. Le chat n’a pas bronché une seconde.

Le temps de poser ces quelques lignes et voilà qu’elle revient, plus assurée, mais douce, fine, le parasol doit suffire. Pour un moment.

Nos ministres partent en vacances. 15 jours. Il ne faut pas trop partir longtemps, pour ne pas attiser une prétendue sourde colère qui pourrait poindre chez celles et ceux qui ne peuvent partir. Qu’elles ou qu’ils n’aient pas de vacances, car, au chômage, ou encore tout simplement pas les moyens financiers d’aller voir ailleurs pour souffler un peu. Oups, déformation politique : le « celles et ceux » le « qu’elles ou qu’ils » ou encore, le « chères amies, chers amis, chers camarades » etc. lieu commun de la langue politique qui pense qu’ainsi, elle ne braquera pas contre elle les plus féministes d’entre vous, mesdames, mesdemoiselles. Franchement, est-ce bien raisonnable ?

Pour en revenir à nos ministres, c’est le moment de partir en vacances, mais pas à plus de deux heures de Paris, pour être revenu illico en cas d’urgence. C’est vrai que ce n’est pas comme si nous étions en 2013, avec tous les moyens de communication que le moins technophile d’entre nous pourraient alors avoir à sa disposition. Non. Là, il faut pouvoir rentrer dare dare sur la capitale tutélaire, à grand renfort de véhicule rapide accompagné de motos de police toutes sirènes et gyrophares sortis, ou d’hélicoptère se tenant prêt à tout éventualité de rapatriement vital. Une fois revenus dans le giron national, nos ministres pourront sortir leur bloc note, leur dossier cartonné et leur Montblanc tout neuf pour régler le problème et surtout, entrer d’un air grave et sortir réjoui et rassurant de leur ministère ou de l’Elysée, selon la crucialité de l’objet du retour, devant les quelques journalistes de permanence estivale prêts à se gaver et graver le récit du sauvetage pour la postérité médiatique, de l’été.

Oui, je suis un peu énervé. J’ai oublié mon chargeur au bureau et mon Mac est sur la réserve. Bonne nuit.

Nuit chaude pour maison vide

5 heures et 20 minutes. La nuit s’étire au point que quelques oiseaux se sont mis à chanter l’aube qui approche. Ne pas dormir la nuit fait arrêter le temps. Je suis toujours hier, la chaleur de cette nuit d’août, assez lourde de promesses d’orage non tenue, me tient éveillé, tous sens en alerte, une vague fatigue commençant néanmoins à pointer à la périphérie de mes yeux, les clignements de mes paupières se font plus fréquents et vaguement irrités. Cette nuit se résume à deux films, « Resident Evil: Retribution », qui n’a d’intérêt que les yeux hypnotiques et effets spéciaux de l’admirable Mila Jovovitch, puis un bon film d’horreur de série B,  « The Collection » dont la non moins jolie Emma Fitzpatrick sauve une intrigue et un scénario indigents.

Enfin, entre deux morceau d’une genius list de l’apple tv réglée sur « People Help the People » de Birdy, trois cigarettes fumées dehors, assis sur le rebord du pas de la porte, en haut des cinq marches qui descendent vers le petit portail rouillé qui laisse entrer et sortir habitants, visiteurs et chat de la maison, toute la sainte année.

La maison est vide, à part moi et le chat.

Hier, c’était le 25 juillet

Hier c’était le 25 juillet. Comme chaque année, il fait chaud sur Paris. Période propice aux régimes, le sentiment de faim s’atténue. Envie de sortir prendre l’air plutôt que de s’assoir à une table pour absorber de l’énergie qui va accentuer la sensation de chaleur…

25 juillet. Comme chaque année, mon âge me dit +1. Il fait chaud, c’est bon, finalement.