La nuit du 2 août

Minuit. Retour maison, terrasse donnant sur jardin hésitant entre vert et or pâle, la verdure donnant sur le jaune paille d’un été tardif mais finalement chaud, très chaud, entrecoupé d’orages violents, mais aussi, peu à peu, d’autres natures de pluie plus vicieuses, aussi soudaines que timorées, dont l’unique vocation semble de faire fuir les pauvres mortels ne connaissant rien à la climatologie, (soit !) ni même à l’aérologie, que nos parents, grands parents ou arrière grands parents, tout dépend de votre année de naissance, connaissaient, eux, jusqu’au bout des cils, lorsqu’ils levaient les yeux vers le ciel afin de jauger de la crédibilité de l’ondée surgissante.

A peine le temps de poser mon Mac sur la table de la dite terrasse qu’il se met à pleuvoir. Orage ? le tonnerre tonne, au loin… Trop loin, trop faible. Un parasol prestement calé grâce au trou du centre de table percé à cette intention, plutôt qu’un repli tactique vers la maison et le tour est joué, la pluie, vaincue, s’arrête. Le chat n’a pas bronché une seconde.

Le temps de poser ces quelques lignes et voilà qu’elle revient, plus assurée, mais douce, fine, le parasol doit suffire. Pour un moment.

Nos ministres partent en vacances. 15 jours. Il ne faut pas trop partir longtemps, pour ne pas attiser une prétendue sourde colère qui pourrait poindre chez celles et ceux qui ne peuvent partir. Qu’elles ou qu’ils n’aient pas de vacances, car, au chômage, ou encore tout simplement pas les moyens financiers d’aller voir ailleurs pour souffler un peu. Oups, déformation politique : le « celles et ceux » le « qu’elles ou qu’ils » ou encore, le « chères amies, chers amis, chers camarades » etc. lieu commun de la langue politique qui pense qu’ainsi, elle ne braquera pas contre elle les plus féministes d’entre vous, mesdames, mesdemoiselles. Franchement, est-ce bien raisonnable ?

Pour en revenir à nos ministres, c’est le moment de partir en vacances, mais pas à plus de deux heures de Paris, pour être revenu illico en cas d’urgence. C’est vrai que ce n’est pas comme si nous étions en 2013, avec tous les moyens de communication que le moins technophile d’entre nous pourraient alors avoir à sa disposition. Non. Là, il faut pouvoir rentrer dare dare sur la capitale tutélaire, à grand renfort de véhicule rapide accompagné de motos de police toutes sirènes et gyrophares sortis, ou d’hélicoptère se tenant prêt à tout éventualité de rapatriement vital. Une fois revenus dans le giron national, nos ministres pourront sortir leur bloc note, leur dossier cartonné et leur Montblanc tout neuf pour régler le problème et surtout, entrer d’un air grave et sortir réjoui et rassurant de leur ministère ou de l’Elysée, selon la crucialité de l’objet du retour, devant les quelques journalistes de permanence estivale prêts à se gaver et graver le récit du sauvetage pour la postérité médiatique, de l’été.

Oui, je suis un peu énervé. J’ai oublié mon chargeur au bureau et mon Mac est sur la réserve. Bonne nuit.

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